검은 꽃 [Geomeun kkot]

Publié le par Sushimi

Fleur noire

Kim Young Ha [김영하]

Traduit du coréen par Lim Yeong Hee et Françoise Nagel

Editions Picquier ; Picquier poche, 2009

493 p./11, 50€

 

Présentation de l'auteur par l"éditeur :

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Né en 1968, Kim Young-ha est l'un des chefs de file de la nouvelle littérature sud-coréenne. On dit de lui qu'il décrit avec un regard froid et une voix sèche la sensibilité urbaine de sa génération. Aprés deux recueils de nouvelles, il publie en 1996 son premier roman "la mort à demi mots", qui lui vaut d'obtenir le prix que la maison d'édition Munhaktongne décerne au meilleur jeune écrivain de l'année. Trés branché sur les nouvelles technologies, Kin Young-ha s'est d'abord amusé à publier ses écrits sur Internet, une habitude trés répandue en Corée du Sud.
Outre ses activités d'auteur, Kin Young-ha anime une émission de radio consacrée aux écrivains coréens.

 

Quatrième de couverture :

 

Fleur noire raconte l'histoire vraie de 1033 Coréens partis émigrer au Mexique au début du XXe siècle. Paysans, chasseurs de baleines, soldats, chamans, eunuques, voleurs à la tire ou nobles de sang royal, tous fuient leur pays envahi par le Japon. Vendus à leur insu à des propriétaires terriens pour travailler sur des plantations de sisal, ils doivent s'adapter à des conditions de vie effroyables sur une terre hostile. Quarante-quatre d'entre eux s'enfoncent dans la jungle pour rejoindre la révolution qui a éclaté au Guatemala et fondent un Etat éphémère sur le site maya de Tikal.

 

"Dès que j'ai commencé à écrire, dit Kim Young Ha, l'image de la fleur noire m'a hanté. Il n'existe pas de fleur noire dans notre monde. Il faut mélanger toutes les fleurs pour obtenir cette couleur."

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Mon opinion :

 

J'ai beaucoup apprécié ce livre. D'une manière générale, j'aime beaucoup les fictions qui s'inspirent de faits historiques. J'apprécie encore plus ce type d'ouvrage dans les littératures asiatiques, car j'apprends toujours énormément de choses.

 

Et justement, Fleur noire aborde un point de l'histoire coréenne dont j'ignorais tout. C'est l'histoire d'un peuple auquel on a volé son pays (la Corée vient d'être annexée à l'Empire du Japon) ; l'histoire d'un groupe d'individus désabusés et désespérés, à qui l'on a fait miroiter des rêves de richesse. Après une interminable traversée en mer dans des conditions d'hygiène et de confort comparables à celles d'un négrier, la terre promise est en vue : c'est l'arrivée au Mexique.

Nos émigrés finissent dans des haciendas mexicaines, vendus comme main d'oeuvre aux propriétaires. Peu à peu, le rêve de s'enrichir s'évanouit, comme celui de rentrer un jour en Corée...

 

L'écriture de Kim Young Ha est dépourvue de sentimentalisme, et les personnages sont décrits dans toute leur "laideur" : pas de conte de fées, seulement la réalité froide et cruelle ; pas de destin, seulement des hommes. Il n'y a pas d'héroïsme déplacé dans cet ouvrage : les personnages se battent simplement pour leur survie.

En ce sens, Fleur noire se révèle une lecture assez dure, ce qui ne l'empêche pas d'être agréable (Kim Young Ha écrit très bien) et très instructive. J'ai pour ma part été transportée par cette histoire, et tenue en haleine par le sort incertain de ces Coréens tenus en esclavage dans un pays en pleine crise politique.

Publié dans Books

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